Comment jai rencontré son nom? Sans doute dans un livre, mais je ne me souviens plus très bien des circonstances. Sans doute en 1995, à une époque où mon désir dimages était aussi fort que celui de lécriture. Javais alors choisi une voie enthousiasmante les Lettres Modernes mais je devinais quelle constituait une impasse pour le jeune homme que jétais et qui désirait par-dessus tout se lancer dans une aventure artistique quelle que soit sa nature. Cette hésitation entre le texte et limage, grâce à une conférence de Bonnefoy entendue dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne au printemps 1996, ne mavait plus semblé tenir de la contradiction. Je me souviens seulement de son intitulé Ut pictura poesis La poésie est une peinture et dun homme déjà âgé, parlant doucement, sur un registre étrange. Si le fond de ce discours était aussi rigoureux quun exposé universitaire, sa parole demeurait celle dun poète. Comme si la pensée et le chant se retrouvaient tout à coup mêlés, inséparables. Je navais sans doute pas tout compris à ce quil disait même si je garde en mémoire ces moments de la conférence où Bonnefoy expliquait se méfier du concept mais jétais émerveillé, redevenu un enfant qui écoute une langue étrangère. Il avait parlé dimages de peintures, surtout et, bien entendu, de poésie. Face au réel, celui qui écrit et celui qui crée des images sont sans doute lun et lautre dans une recherche similaire : vouloir faire apparaître quelque chose, et non lidentifier, ou le bloquer dans un sens, ou un jugement hâtif. Lété suivant, javais commencé à lire un de ses livres dans la Creuse, Limprobable, en même temps que je découvrais le travail photographique dArnaud Claass. Lécho entre la poésie de Bonnefoy et les images de Claass fut saisissant pour moi. Lécrivain et le photographe recherchaient la même chose : recueillir la présence du monde dans son dénuement, sa simplicité, et son immédiateté. Cétait un lété lumineux, dehors comme dedans. Je lisais la journée des poèmes darbres, des mots de pierre, et jouvrais ensuite le soir le livre dimages pour retrouver ces figures, ou plutôt ces motifs, en leurs traces photographiques. Un profond sentiment dunité entre le texte et limage me fit beaucoup de bien, et au-delà du plaisir esthétique, je comprenais quécrire, ou photographier, pouvait maider à me sentir vivant, dans le monde Heureusement. Je ne veux pas macharner contre lui, mais le trouve tout à fait hors de propos. Saisissez ici votre note de réservation optionnelle cest aussi expérimenter limpossible et donc recommencer aura-t-il réussi à être le dévoilement de la Présence, autant il a Nous lui sommes particulièrement reconnaissants de ce grand et fort moment, et toute la communauté scolaire dHenri IV gardera le souvenir un peu magique et très émouvant de cette rencontre. Consultez les prochains événements organisés à lENS de Lyon de culture scientifique et diffusion des savoirs. Dans le livre paru en 1987 sous un titre Ce qui fut sans lumière ne laissant aucun doute quant à lépaississement dombre et dinconnu qui entoure lavancée du poème, plusieurs textes, parmi les plus beaux et les plus chargés de sens, disent un effacement tragique : avec le poème intitulé Le souvenir, la présence séloigne qui ne fut que pressentie Bien que mystérieusement tant dannées si proche. Un adieu de profonde mélancolie monte vers elle, image impénétrable qui nous leurra Dêtre la vérité enfin presque dite. Les lettres quil écrivit portent très souvent en elles le témoignage de cette capacité douverture. Elles sont presque toujours tournées vers linterlocuteur, soucieuses dapprendre comment il se porte, désireuses de lui apporter un appui, une attention. Personne nétait moins imbu de soi que Bonnefoy, personne nétait plus spontanément prêt à vous accorder votre différence. Les quelque 900 lettres rassemblées ici sont le témoignage de sa noblesse intérieure: ce livre est dabord et avant tout un livre de lamitié. Létape surréaliste Le magazine qui met laccent sur la culture Navigation principale Menu Oui, sauver les apparences. Parce que dans lapparence, les choses trahissent ce quelles peuvent avoir de plus essentiel.. Lot Zone Industrielle El Jadida. Essor explore les différents type de stratégies et présentent les pratiques managériales des entreprises marocaines à travers la rencontre des grands acteurs de la vie économique. Essor est le miroir sur la vie des entreprises marocaines et de ses leaders. En Europe, ces matériaux suscitent également un intérèt sans cesse croissant et très prometteur. Elle accompagne le développement des industriels dans leur stratégie marketing et communication institutionnelle et produit en leur offrant des prestations sur mesure. -Hier régnant désert, Mercure de France, 1958, 83 p ; La poésie se définit comme langage mis à lépreuve de lexpérience, dune vérité vécue qui cherche à se dire. Chez Bonnefoy, on remarque une inflexion du je à partir de Ce qui fut sans lumière et la genèse dun je porteur dexpérience existentielle dans le travail des récits en rêve, à la première personne : entre 1975, date de publication de Dans le leurre du seuil, et 1987 : Ce qui fut sans lumière, aucun nouveau recueil en vers na été publié. Mais Yves Bonnefoy invente le genre du récit en rêve : publication de Rue Traversière, récits, en 1977 puis récits en rêves écrits dans les années 1980 publiés sous ce titre Récits en rêve au Mercure de France en 1987.ce quil nomme le rêve et le souvenir : dans Ce qui fut sans lumière, le recueil est encadré par des poèmes intitulés Le souvenir et Lagitation du rêve. La maison apparaît comme lieu démergence, en rêve, dun matériau imaginaire autobiographique ou fantasmatique comme dans La maison natale : la maison de Valsaintes V. : Bonnefoy, Yves, Poèmes, Gallimard, 1982, p 54. Pour Émilie et Loïc On aimerait, mais il sagit dun vœu pieux, que la philosophie ne nous arrive 1967 Fondation avec Gaëtan Picon, André du Bouchet, Découvrez notre Hors-série Comprendre la bible. La Bible est Le Livre. Un livre hybride, juif et chrétien, hébraïque, hellénique, latin, toujours polyglotte, plus grand best-seller de tous les temps. Yves Bonnefoy et lEurope du XX e siècle, M. Finck, D. Lançon et M. Staiber éd, Strasbourg, Presses de lUniversité de Strasbourg, 2003 PS : Concernant labsence dimage dans la vidéo de cette conférence, javais sollicité lautorisation dYves Bonnefoy en amont des Rencontres. Il mavait répondu significativement : Je ne pense pas, voyez-vous, quune archive vidéo préserve une présence. Elle ne garde quun simulacre. Publisher has elected to have a zero moving wall, so their current.
Rencontre Yves Bonnefoy
rencontre yves bonnefoy