{"id":8896,"date":"2020-10-17T17:15:22","date_gmt":"2020-10-17T17:15:22","guid":{"rendered":"http:\/\/webdev037.chillinfusion.ch\/img\/?p=8896"},"modified":"2020-10-03T13:29:35","modified_gmt":"2020-10-03T13:29:35","slug":"texte-rencontre-julien-sorel-madame-de-renal","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/webdev037.chillinfusion.ch\/img\/2020\/10\/17\/texte-rencontre-julien-sorel-madame-de-renal\/","title":{"rendered":"Texte Rencontre Julien Sorel Madame De Renal"},"content":{"rendered":"<p>Sa d\u00e9p\u00eache exp\u00e9di\u00e9e, Julien, content comme un chasseur qui, \u00e0 six heures du matin, par un beau jour dautomne, d\u00e9bouche dans une plaine abondante en gibier, sortit pour aller demander conseil \u00e0 M Ch\u00e9lan. Mais avant darriver chez le bon cur\u00e9, le ciel qui voulait lui m\u00e9nager des jouissances, jeta sous ses pas M. Valenod, auquel il ne cacha point que son c\u0153ur \u00e9tait d\u00e9chir\u00e9 ; un pauvre gar\u00e7on comme lui se devait tout entier \u00e0 la vocation que le ciel avait plac\u00e9e dans son c\u0153ur, mais la vocation n\u00e9tait pas tout dans ce bas monde. Pour travailler dignement \u00e0 la vigne du Seigneur, et n\u00eatre pas tout \u00e0 fait indigne de tant de savants collaborateurs, il fallait linstruction ; il fallait passer au s\u00e9minaire de Besan\u00e7on deux ann\u00e9es bien dispendieuses ; il devenait donc indispensable de faire des \u00e9conomies, ce qui \u00e9tait bien plus facile sur un traitement de huit cents francs pay\u00e9s par quartier, quavec six cents francs quon mangeait de mois en mois. Dun autre c\u00f4t\u00e9, le ciel, en le pla\u00e7ant aupr\u00e8s des jeunes de R\u00eanal, et surtout en lui inspirant pour eux un attachement sp\u00e9cial, ne semblait-il pas lui indiquer quil n\u00e9tait pas \u00e0 propos dabandonner cette \u00e9ducation pour une autre? <img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.weblettres.net\/blogs\/uploads\/f\/fcahen\/2546.jpg\" alt=\"texte rencontre julien sorel madame de renal\" align=\"left\"> Premi\u00e8re rencontre avec Madame de Warens, Jean-Jacques Rousseau, Les Confessions, 1782 dans la ronde o\u00f9 nous dansions, une blonde, grande et belle, quon appelait Le teint de ce petit paysan \u00e9tait si blanc, ses yeux si doux, que lesprit un peu romanesque de Mme de R\u00eanal eut dabord lid\u00e9e que ce pouvait \u00eatre une jeune fille d\u00e9guis\u00e9e, qui venait demander quelque gr\u00e2ce \u00e0 M. Le maire. Elle eut piti\u00e9 de cette pauvre cr\u00e9ature, arr\u00eat\u00e9e \u00e0 la porte dentr\u00e9e, et qui \u00e9videmment nosait pas lever la main jusqu\u00e0 la sonnette. Mme de R\u00eanal sapprocha, distraite un instant de lamer chagrin que lui donnait larriv\u00e9e du pr\u00e9cepteur. Julien tourn\u00e9 vers la porte, ne la voyait pas savancer. Il tressaillit quand une voix douce lui dit tout pr\u00e8s de loreille: En revanche, on voyait dans lantichambre dix laquais en livr\u00e9e ; et toute la soir\u00e9e, on avait des glaces ou du th\u00e9 tous les quarts dheure ; et, sur le minuit, une esp\u00e8ce de souper avec du vin de Champagne. Nachevez pas, dit Korasoff : pour vous donner confiance en votre m\u00e9decin, je vais terminer la confidence. Le mari de cette jeune femme jouit dune fortune \u00e9norme, ou bien plut\u00f4t elle appartient, elle, \u00e0 la plus haute noblesse du pays. Il faut quelle soit fi\u00e8re de quelque chose. Rien de plus facile, ce me semble, que de r\u00e9sumer notre position, dit le jeune \u00e9v\u00eaque dAgde avec le feu concentr\u00e9 et contraint du fanatisme le plus exalt\u00e9. Jusque-l\u00e0 il avait gard\u00e9 le silence ; son \u0153il que Julien avait observ\u00e9, dabord doux et calme, s\u00e9tait enflamm\u00e9 apr\u00e8s la premi\u00e8re heure de discussion. Maintenant son \u00e2me d\u00e9bordait comme la lave du V\u00e9suve. <img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/php88.free.fr\/bdff\/film\/2000\/0084\/02\/Jacques%20Jouanneau%20et%20Gabriel%20Cattand.jpg\" alt=\"texte rencontre julien sorel madame de renal\" align=\"left\"> Madame de R\u00eanal avait oubli\u00e9 que, depuis le d\u00eener, elles \u00e9taient remplies de pain. Le mauvais air du cachot devenait insupportable \u00e0 Julien. Par bonheur, le jour o\u00f9 on lui annon\u00e7a quil fallait mourir, un beau soleil r\u00e9jouissait la nature, et Julien \u00e9tait en veine de courage. Marcher au grand air fut pour lui une sensation d\u00e9licieuse, comme la promenade \u00e0 terre pour le navigateur qui longtemps a \u00e9t\u00e9 \u00e0 la mer. Allons, tout va bien, se dit-il, je ne manque point de courage.   <img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/img.over-blog-kiwi.com\/0\/95\/66\/59\/20171025\/ob_e0aef6_22833702-1683515531681920-516113246-o.jpg\" alt=\"texte rencontre julien sorel madame de renal\" align=\"left\"> Par le portrait de Mme de R\u00eanal, Stendhal veut nous montrer la situation de la femme pendant  Tout montre que les personnages ne choisissent pas le jeune pr\u00e9cepteur, et cependant me donner les moyens de Que demain quelque hobereau des montagnes de la Franche-Comt\u00e9, dit-elle \u00e0 M. De Caylus, saper\u00e7oive que Julien est son fils naturel, et lui donne un nom et quelques milliers de francs, dans six semaines il a des moustaches comme vous, messieurs ; dans six mois il est officier de housards comme vous, messieurs. Et alors la grandeur de son caract\u00e8re nest plus un ridicule. Je vous vois r\u00e9duit, monsieur le duc futur, \u00e0 cette ancienne mauvaise raison : la sup\u00e9riorit\u00e9 de la noblesse de cour sur la noblesse de province. Mais que vous restera-t-il si je veux vous pousser \u00e0 bout, si jai la malice de donner pour p\u00e8re \u00e0 Julien un duc espagnol, prisonnier de guerre \u00e0 Besan\u00e7on du temps de Napol\u00e9on et qui, par scrupule de conscience, le reconna\u00eet \u00e0 son lit de mort? Toutes ces suppositions de naissance non l\u00e9gitime furent trouv\u00e9es dassez mauvais go\u00fbt par MM. De Caylus et de Croisenois. Voil\u00e0 tout ce quils virent dans le raisonnement de Mathilde. M\u00eames raisons pour deviner qui je suis l 17-18. Le coup de foudre na\u00eet de leur reconnaissance mutuelle alors quils ne s\u00e9taient encore jamais vus. Les instances r\u00e9gnaient sous l\u00e9poque \u00e0 Paris. Il para\u00eet quil a \u00e9t\u00e9 inspir\u00e9 de d\u00e9crire laventure de Julien et Tr\u00e8s vite dans ma vie il a \u00e9t\u00e9 trop tard. Entre dix-huit ans et vingt cinq ans mon visage est parti dans une direction impr\u00e9vue. \u00c0 dix huit ans, jai vieilli. Je ne sais pas si cest tout le monde, je nai jamais demand\u00e9. Il me semble quon ma parl\u00e9 de cette pouss\u00e9e du temps qui vous frappe quelquefois alors quon traverse les \u00e2ges les plus jeunes, les plus c\u00e9l\u00e9br\u00e9s de la vie. Ce vieillissement a \u00e9t\u00e9 brutal. Je lai vu gagner mes traits un \u00e0 un, changer le rapport quil y avait entre eux, faire les yeux plus grands, le regard plus triste, la bouche plus d\u00e9finitive, marquer le front de cassures profondes. Au contraire den \u00eatre effray\u00e9e, jai vu sop\u00e9rer ce vieillissement de mon visage avec lint\u00e9r\u00eat que jaurais pris par exemple au d\u00e9roulement dune lecture. Je savais aussi que je ne me trompais pas, quun jour il se ralentirait et quil prendrait son cours normal. Les gens qui mavaient connue \u00e0 dix sept ans lors de mon voyage en France ont \u00e9t\u00e9 impressionn\u00e9s quand ils mont revue, deux ans apr\u00e8s, \u00e0 dix neuf ans. Ce visage l\u00e0, nouveau, je lai gard\u00e9. Il a \u00e9t\u00e9 mon visage. Il a vieilli encore bien s\u00fbr, mais relativement moins quil aurait d\u00fb. Jai un visage lac\u00e9r\u00e9 de rides, \u00e0 la peau cass\u00e9e. Il ne sest pas affaiss\u00e9 comme certains visages \u00e0 traits fins, il a gard\u00e9 les m\u00eames contours mais sa mati\u00e8re est d\u00e9truite. Jai un visage d\u00e9truit&#8230;.Si Mme de Lafayette sest servie de la reine dauphine pour jeter un rapide coup de projecteur dans l\u00e2me de Mme de Cl\u00e8ves, elle a.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>texte rencontre julien sorel madame de renal<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/webdev037.chillinfusion.ch\/img\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8896"}],"collection":[{"href":"http:\/\/webdev037.chillinfusion.ch\/img\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/webdev037.chillinfusion.ch\/img\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/webdev037.chillinfusion.ch\/img\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/webdev037.chillinfusion.ch\/img\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=8896"}],"version-history":[{"count":1,"href":"http:\/\/webdev037.chillinfusion.ch\/img\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8896\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":8897,"href":"http:\/\/webdev037.chillinfusion.ch\/img\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8896\/revisions\/8897"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/webdev037.chillinfusion.ch\/img\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=8896"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/webdev037.chillinfusion.ch\/img\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=8896"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/webdev037.chillinfusion.ch\/img\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=8896"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}